La conseillère à l’Éducation, à la Culture et aux Sports du gouvernement d’Aragon, Tomasa Hernández, a souligné que l’école rurale est un outil nécessaire pour l’égalité des chances, la cohésion territoriale et l’avenir de l’Aragon.
Elle l’a fait lors de l’inauguration du IIIe Congrès national de l’école rurale, qui se tient aujourd’hui dans la ville de Teruel et qui réunit au Centre socioculturel de San Julián près de 250 spécialistes et professionnels de la communauté éducative, ainsi qu’une dizaine de communautés autonomes.
La rencontre, animée par l’acteur Nacho Rubio, originaire de Teruel, a débuté par une conversation entre la conseillère à l’Éducation et Francisco Serrano, également originaire de Teruel et président d’Ibercaja.

Ils ont évoqué le passé, se remémorant leur scolarité et la comparant à la situation actuelle de l’éducation rurale, qui constitue aujourd’hui un véritable moteur dans ces zones moins peuplées.
Ils se sont également tournés vers l’avenir, à la recherche de formules permettant aux établissements scolaires des zones rurales de continuer à offrir une éducation à tous, dans tous les coins de l’Aragon.
Pour sa part, le président du gouvernement d’Aragon, Jorge Azcón, a envoyé un message dans lequel il a souligné que ce congrès « vise à inspirer, connecter et transformer pour continuer à faire briller l’école rurale », en référence à son slogan « Brille. Égalité, racines et opportunités ».
Au cours de la journée, plusieurs conférences plénières ont été organisées, dont la première, intitulée « L’école rurale du XXIe siècle : défis éducatifs et cohésion territoriale », a été donnée par Lourdes Alcalá Ibáñez, inspectrice en chef de l’éducation, docteure en histoire de l’éducation et professeure associée à l’université de Saragosse, experte en matière d’école rurale.
Lourdes Alcalá a souligné en introduction que l’éducation rurale « doit être gérée comme une opportunité à saisir, et non comme un problème à résoudre ».
Dans son exposé, Lourdes Alcalá a souligné la nécessité de porter un regard sur le territoire, où l’on constate que 92 % du territoire de notre pays n’abrite que 15,33 % de la population totale.
Elle a également expliqué que le niveau socioculturel est inférieur dans les zones rurales, ce qui rend le rôle des écoles indispensable, car elles constituent un outil qui doit offrir de meilleures opportunités de compensation. Elle a également indiqué que, face au terme « España Vaciada » (Espagne vidée), elle préfère parler d’« España de oportunidades » (Espagne des opportunités).
Mme Alcalá a également rappelé la création dans les années 80 des Centres ruraux d’éducation innovante (CRIE), qui se concentrent sur des activités complémentaires au programme scolaire et favorisent la cohabitation entre les élèves de différentes écoles rurales. Un modèle « solide mais qui a besoin de changements », sans lequel l’experte ne peut imaginer l’école rurale.
La deuxième conférence a été donnée par Alfredo Hernando, psychologue, PDG et fondateur de l’Escuela 21, qui a abordé « L’innovation que l’école rurale apporte au monde: une vision internationale ».
L’Escuela 21 est un laboratoire d’innovation éducative qui voyage à travers le monde dans le but d’identifier, de communiquer et de reproduire les meilleures pratiques internationales dans les écoles les plus innovantes.
M. Hernando a souligné l’évolution des établissements scolaires ces dernières années, qui, entre autres paramètres, comprennent et évaluent l’innovation à travers l’amélioration du projet de vie de leurs élèves. Il s’agit donc d’une autre façon de comprendre ce qu’est l’école.
Il a également donné quelques exemples d’innovation éducative, comme le réseau Escuela Nueva en Colombie, créé pour apporter une aide rurale, en particulier aux populations caféières. Ce réseau a développé un modèle avec des enseignants très peu qualifiés, car c’était là un autre défi majeur : le manque de professionnels qualifiés pour enseigner dans des zones très reculées.
Il a également présenté le réseau de tutorat scolaire du Mexique, qui forme et offre des espaces de dialogue aux élèves afin que les enfants issus de milieux économiques plus aisés puissent tutorier et encadrer d’autres enfants.
« Espaces de défis et de solutions dans l’école rurale »
Après une pause, les participants ont pu écouter les opinions des intervenants de la table ronde « Espaces de défis et de solutions dans les écoles rurales », qui a bénéficié de la participation et de la collaboration de la Fondation Princesse de Gérone.
La table ronde était modérée par Estefanía Monforte, docteure en éducation, professeure à la Faculté de Teruel et directrice de la Chaire Éducation et Territoire de la Députation de Teruel.
Le directeur du Service provincial de l’éducation à Teruel, José Luis Castán, a souligné les progrès réalisés par rapport à il y a 40 ans, lorsque, dans de nombreux cas, les élèves scolarisés dans les centres ruraux ne poursuivaient pas leurs études supérieures. Une situation qui a changé, a-t-il expliqué, grâce à un réseau de soutien scolaire qui fonctionne.
Pour sa part, le conseiller pédagogique de la Fondation Princesse de Gérone, Juan Hernández, a revendiqué la nécessité d’intégrer une formation spécifique à l’école rurale pour l’ensemble de la communauté éducative, et pas seulement pour les enseignants. Il s’agit d’activités spécifiques qui tiennent compte de concepts tels que la connaissance, l’innovation, l’attention et la création d’espaces de soutien.
De même, la directrice du CRA Nosa Sra. Do Faro (La Corogne), Rosa María Barreiro, a souligné les particularités de l’éducation rurale, où l’école est la maison de tous et la communauté éducative une grande famille, a-t-elle déclaré. Avec des élèves d’âges différents et une formation plus spécialisée que dans un centre urbain.
La directrice des études du CRA Celumbres (Castellón), María José Prats, a assuré que l’école est une arme pour lutter contre le dépeuplement, et a appelé à tirer parti des atouts de l’école rurale, tels que l’environnement qui l’entoure ou les relations étroites entre la communauté éducative et les familles. Elle a toutefois regretté la difficulté de trouver un logement dans les zones rurales, ce qui freine l’arrivée de nouveaux habitants.
Enfin, le directeur du CRIET d’Alcorisa, Alejandro Labay, a qualifié ces centres de joyaux éducatifs de Teruel. Les CRIET sont des centres qui accueillent des élèves de 5e et 6e année des collèges ruraux regroupés (CRA), où se déroulent des séjours de cohabitation pour des groupes d’environ 50 élèves, une semaine par trimestre.
Ateliers de bonnes pratiques
L’après-midi, des ateliers de bonnes pratiques seront organisés sous le titre « Quelles histoires de transformation se cachent dans nos écoles rurales », où seront présentés des projets éducatifs innovants provenant de dix communautés autonomes de toute l’Espagne.
Comme celui de la Fondation Princesse de Gérone, qui présentera des propositions pédagogiques basées sur la mise en valeur du patrimoine rural, soulignant l’importance de la collaboration avec les associations locales et les habitants de la région.
En outre, un projet du ministère irlandais de l’Éducation sera également présenté, dans le cadre duquel le personnel de cet organisme expliquera que dans les zones rurales de ce pays, la relation entre l’école et la communauté éducative est particulièrement étroite. Ils exposeront ainsi les raisons qui sous-tendent cette approche, accompagnées d’exemples et de recommandations pour la mettre en pratique.
L’objectif est de partager les expériences nationales et internationales réussies en matière d’éducation dans les zones rurales afin d’en tirer des enseignements applicables au territoire, ainsi que d’encourager l’échange d’idées et la collaboration entre les professionnels, les institutions et les communautés éducatives engagés dans le développement de l’école rurale et la structuration du territoire.
Les participants pourront découvrir des projets tels que « L’école rurale en Irlande (en anglais) », du ministère irlandais de l’Éducation. National Small Schools Project ; « Cuisiner n’est pas seulement une affaire de filles », du CRA Alfauir-Ròtova (Communauté valencienne) ; « ETwinning et l’internationalisation dans les centres des zones rurales », de l’INTEF ; « Le bilinguisme à l’école rurale », du CEIP Rodriguez de Celis (Cantabrie), « Les gardiens du patrimoine #CREATECH », du CRA Entrevalles (La Rioja) ; « Construire la BiblioCRA et CRAcreando : espaces de dynamisation et d’innovation en milieu rural », du CRA Vilaboa (Galice) ; et « Tisser des réseaux d’apprentissage dans l’école rurale », du CRA La Sabina (Aragon).
D’autres encore, comme « Comment se fait l’inclusion éducative ? », de la Communauté forale de Navarre. THÈME : Inclusion et diversité ; Projet Lóva, du CRA Los Olivos de Valdaracete (Communauté de Madrid), « Nous sommes CRApaces », CRA Alifara (Aragon) ; « La transversalité didactique du patrimoine. Un exemple de collaboration entre entités », du Centre de formation des enseignants La Almunia (Aragon), « Une deuxième chance est possible », du CEPER Arcipreste de Hita (Andalousie) ; « L’école rurale comme promotrice de la santé », du CRA El Sabinar (Murcie) ; « Pratiques éducatives qui connectent les salles de classe et créent une unité au C.R.A. Almenara », du CRA Almenara (Estrémadure) ; « Innovation éducative et espaces flexibles en milieu rural », de l’IES Valle del Arlanza (Castille-et-León) ; et « L’importance de connecter l’école rurale au territoire », de la Fondation Princesse de Gérone.
La magie comme ressource éducative
Le congrès sera clôturé par Miguel de Lucas avec sa conférence-spectacle intitulée « Docente, hay un mago en ti » (Professeur, il y a un magicien en vous), dans laquelle il expliquera une « astuce » pour la réussite des enseignants en classe, qui n’est autre que d’utiliser la magie pour introduire des contenus éducatifs. Cette méthodologie, scientifiquement prouvée, repose sur le principe que si l’apprentissage s’accompagne d’émotions, l’élève s’en souviendra mieux.
Miguel de Lucas est professeur en éducation infantile et pédagogie à l’Université internationale de La Rioja (UNIR), présentateur de l’émission « Un país mágico » sur La 2 de Televisión Española et directeur du projet « Ahora Ilusión ».
L’organisation du congrès bénéficie de la collaboration de la mairie de Teruel, de la Diputación Provincial de Teruel, de la Chambre de commerce de Teruel, de la Fondation Vodafone, de la Fondation Princesa de Girona et de la Fondation Edelvives.










