Aragon demande au ministère une dérogation exceptionnelle pour lutter contre les araignées rouges dans le maïs

Le Gouvernement d’Aragon a demandé au ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation une autorisation exceptionnelle pour utiliser de l’abamectine contre l’araignée rouge dans les cultures de maïs. L’exécutif régional affirme que les agriculteurs ne disposent actuellement d’aucune solution autorisée à la fois efficace et viable pour lutter contre ce ravageur, qui entraîne des pertes importantes dans les exploitations aragonaises.

Les services techniques estiment que, dans les parcelles touchées, les pertes de production peuvent atteindre entre 20 % et 50 %. En termes économiques, le département de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Alimentation évalue l’impact entre 680 et 1 700 euros par hectare.

Le directeur général de la Qualité et de la Sécurité alimentaire, Enrique Novales, a présenté lundi la situation devant la commission de l’Agriculture, de l’Élevage et de l’Alimentation des Cortes d’Aragon. Au cours de son intervention, il a passé en revue les mesures mises en œuvre par l’exécutif régional ainsi que les démarches engagées auprès du ministère.

L’araignée rouge trouve des conditions particulièrement favorables à sa prolifération lorsque les températures sont élevées, ce qui a aggravé son incidence sur le maïs. Le problème n’est toutefois pas nouveau. La Direction générale de la Qualité et de la Sécurité alimentaire ainsi que le Service de la santé végétale suivent ce ravageur depuis des années et étudient les méthodes susceptibles de le combattre.

Des essais depuis 2023 sans solution efficace

Depuis 2023, différentes options de lutte ont été testées, allant des techniques biologiques à d’autres produits phytosanitaires. Selon le Gouvernement d’Aragon, les résultats obtenus jusqu’à présent n’ont pas permis d’identifier une alternative réunissant simultanément trois conditions : une efficacité contre le ravageur, une autorisation d’utilisation sur le maïs et une viabilité technique et économique pour les exploitations.

Cette situation est à l’origine de la demande adressée au ministère. L’Aragon sollicite l’autorisation exceptionnelle d’utiliser l’abamectine, au moyen du mécanisme prévu par la réglementation européenne en cas d’urgence phytosanitaire, lorsqu’un danger ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables.

La position du département ne signifie pas pour autant l’abandon de la recherche d’autres méthodes de lutte. L’exécutif régional estime que les essais doivent se poursuivre afin de disposer de nouveaux outils, mais considère que ce processus ne doit pas, dans l’intervalle, laisser les exploitations sans réponse face aux pertes.

Le Gouvernement aragonais soutient également que les restrictions concernant les substances actives devraient s’accompagner d’alternatives utilisables par les agriculteurs dans des conditions réelles de culture. En leur absence, il demande le recours aux instruments exceptionnels prévus par la réglementation.

La santé végétale dispose en Aragon d’un système de suivi fondé sur des bulletins, informations et alertes du Service de la santé et de la certification végétales. Ce dispositif recense à la fois l’évolution des différents ravageurs et maladies, ainsi que les produits phytosanitaires autorisés pour les cultures.

Dans le cas de l’araignée rouge du maïs, la décision concernant l’autorisation exceptionnelle demandée relève du Gouvernement central. L’Aragon estime qu’une réponse doit intervenir avant que les pertes ne deviennent irréversibles, tandis que les travaux techniques se poursuivent afin d’identifier des solutions utilisables à moyen et à long terme.

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