La réélection de María Jesús Lorente Ozcáriz à la tête de ZEPYME Zaragoza intervient à un moment où les petites et moyennes entreprises espagnoles font face à une transformation silencieuse mais profonde. Au-delà des grandes annonces industrielles et technologiques qui dominent le débat économique, une bonne partie de la compétitivité réelle du territoire dépend encore de milliers de petites et moyennes entreprises contraintes de s’adapter simultanément à la digitalisation, à la pénurie de talents, au passage de relais générationnel et à une complexité réglementaire croissante.
Lorente a été réélue présidente de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises de la Province de Saragosse pour un nouveau mandat de cinq ans, consolidant une étape marquée par la modernisation interne de l’organisation et par une volonté évidente de renforcer le dialogue des PME aragonaises tant au niveau régional que national.
Le acte de proclamation, qui s’est tenu au siège de l’organisation à Saragosse, a réuni des représentants institutionnels, des acteurs sociaux et des dirigeants d’entreprises dans une image qui reflète le poids croissant de la patronale dans l’écosystème économique aragonais. La présence de la présidente des Cortes d’Aragon, María Navarro, et de la vice-présidente du Gouvernement régional, Mar Vaquero, a également souligné le caractère stratégique que les administrations accordent actuellement au tissu des PME.
Cependant, au-delà du composant institutionnel, le discours de Lorente a laissé entrevoir quelles seraient les priorités de cette nouvelle étape. La présidente a placé la captation et la rétention des talents comme l’un des principaux défis immédiats pour les entreprises aragonaises, aux côtés de la simplification administrative, de la fiscalité, du passage de relais générationnel et de la transformation technologique.
Ce ne sont pas des questions abstraites. L’Aragon vit une contradiction de plus en plus visible : alors que la communauté gagne en importance industrielle et logistique grâce à de nouveaux investissements liés à l’automobile, à l’énergie, à la technologie et aux centres de données, de nombreuses petites entreprises rencontrent des difficultés croissantes pour pourvoir des postes techniques, garantir des successions d’entreprises ou assumer les investissements technologiques nécessaires pour rester compétitives.
Lorente a insisté ces dernières années sur une idée qui semble maintenant s’affirmer comme axe stratégique de ZEPYME : l’associationnisme comme outil de résilience économique. «Partager des expériences et continuer à apprendre» a été l’une des expressions utilisées durant son intervention pour revendiquer la coopération entre associations et organisations d’entreprises dans un environnement qu’elle a défini comme «incertain et volatile».
Ce message est significatif à une époque où de nombreuses fédérations territoriales tentent de redéfinir leur utilité pratique. La représentation institutionnelle ne suffit plus à elle seule. Les entreprises demandent un accompagnement réel face à des problématiques concrètes : accès à la finance, automatisation, formation, digitalisation, absentéisme au travail ou internationalisation.
Un des symboles de cette transformation a été précisément le changement d’identité corporative impulsé durant le mandat de Lorente. L’organisation a récemment remplacé la traditionnelle «C» de CEPYME par le «Z» de Saragosse, adoptant officiellement la marque ZEPYME comme un geste de liaison territoriale et de différenciation institutionnelle.
Cela peut sembler un détail mineur, mais cela reflète une tendance plus large : les organisations d’entreprises cherchent à renforcer leur identité et leur proximité à un moment où les entreprises exigent des interlocuteurs plus agiles, plus utiles et moins bureaucratiques.
Actuellement, ZEPYME regroupe près d’une centaine d’associations sectorielles, intersectorielles et territoriales, représentant plus de 20 000 PME et travailleurs indépendants de la province de Saragosse. Le nouveau Comité Exécutif, présenté lors de l’acte de proclamation, sera composé de 40 membres issus de différents secteurs économiques et comarques de la province, dans une tentative d’élargir la représentativité et la diversité entreprises.
Le parcours de Lorente explique en partie cette vision transversale. Femme d’affaires et directrice générale du Groupe BIOK, son profil combine expérience entrepreneuriale, activité institutionnelle et…










