La turolense Nuria Ros Navarro a pris ses fonctions en tant que Secrétaire Général de la Chambre de Commerce de Teruel en septembre 2025, après un processus de relève interne planifié et après une large expérience de 15 ans au sein de l’Institution. Dans l’optique de succéder à son prédécesseur, Santiago Ligros, Ros a occupé le poste de Vice-secrétaire Général de l’institution il y a un peu plus de deux ans.
Dans cette interview avec Go Aragón, elle dresse le bilan de ses premiers mois à la tête de son poste, examine les principaux défis de la Chambre dans un contexte économique changeant et analyse des questions clés telles que le soutien aux PME, l’internationalisation, la digitalisation du commerce, l’attraction des investissements et le rôle des aides au fonctionnement pour le développement du territoire.
P : Vous êtes à la tête de la Secrétaire Générale depuis plusieurs mois. Quel bilan faites-vous de cette première période et quel apprentissage mettez-vous en avant ?
R : Le bilan est très positif. Assumer ce poste a été une grande responsabilité et en même temps un défi très stimulant. Je suis arrivée en septembre 2025 après un processus de relève ordonné qui a beaucoup facilité la continuité. Avoir été précédemment Vice-secrétaire Général m’a permis de bien connaître la gestion interne, les projets et l’équipe humaine.
Les résultats valident cette première période, tant par l’exécution de projets que par les collaborations public-privées que nous développons. De plus, nous abordons 2026 avec de nouveaux défis et une planification très ambitieuse grâce à une équipe de 23 professionnels.
P : Vous prenez le poste après de nombreuses années d’expérience au sein de l’institution. Comment cela vous a-t-il aidé à connaître l’institution depuis l’intérieur ?
R : Cela m’a totalement aidé. J’ai traversé différentes étapes et responsabilités, d’un profil technique à Directrice de domaine et Vice-secrétaire général. Cela m’a permis de connaître l’ADN de la Chambre, sa mission et ses valeurs.
“Tout ce que nous faisons depuis la Chambre a pour objectif de générer un impact réel sur le territoire.”
La Chambre n’est ni une administration publique ni une entreprise privée, c’est une entité pont entre les entreprises et l’administration. Avoir vécu cette réalité de l’intérieur pendant plus de quinze ans me permet d’assumer la Secrétaire Générale avec une vision claire des priorités et des objectifs stratégiques de la Corporation.
P : Votre profil est très lié au conseil aux entreprises et à la dynamisation du territoire. Qu’est-ce que cela apporte à cette nouvelle étape ?
R : Cela apporte une vision très orientée vers l’impact réel. Tout ce que nous faisons dans la Chambre vise le développement économique et social de la province de Teruel. Générer de l’emploi, des opportunités et de la croissance est l’objectif ultime.
Cela apporte également de la proximité. Depuis la Chambre, nous travaillons pour accompagner, écouter et orienter les entreprises. Nous voulons être un véritable allié dans leur croissance, tant du point de vue institutionnel qu’entrepreneurial.
P : En regardant vers l’avenir, quels défis vous fixez-vous pour la Chambre de Commerce de Teruel ?
R : Le principal défi est de nous adapter rapidement à un environnement changeant pour pouvoir aider les entreprises. Nous sommes la voix du tissu entrepreneurial auprès de l’administration et un acteur clé dans l’exécution des politiques publiques.
Nous voulons renforcer le soutien aux PME et aux travailleurs indépendants, impulser la collaboration public-privée et améliorer la compétitivité des entreprises. La formation continue est fondamentale, en particulier dans des domaines comme la digitalisation et l’intelligence artificielle. La Chambre doit être en avance pour aider les entreprises à s’adapter.
“La digitalisation n’est plus une option, c’est une nécessité pour rester compétitif.”
L’internationalisation est un autre axe stratégique. Nous disposons d’un réseau national et international de Chambres qui nous permet d’accompagner les entreprises souhaitant ouvrir de nouveaux marchés ou consolider ceux qu’elles ont déjà.
À long terme, nous travaillons également à candidater à de nouveaux Projets Européens et à l’attraction d’investissements pour la province, notamment dans des secteurs stratégiques liés à l’environnement de l’aéroport de Teruel et au domaine de la défense, avec pour objectif de générer de l’emploi et d’attirer et de retenir des talents.
P : À quel stade se trouve le commerce dans la province de Teruel ?
R : Le commerce a connu une bonne campagne de Noël et aborde maintenant la période des soldes, mais il vit dans une situation d’adaptation constante. C’est un secteur résilient qui a toujours su se réinventer, bien que le grand défi actuel soit la digitalisation et la concurrence avec de grands formats et le commerce en ligne.
Depuis la Chambre, nous aidons de manière personnalisée, car tous les commerces n’ont pas le même point de départ. Des initiatives telles que les bons de consommation ou des programmes comme Volveremos ont bien fonctionné et le secteur les apprécie.
“Le leadership ne dépend ni du genre, ni de l’âge ni du moment de la vie.”
Les défis consistent à mieux concurrencer en matière de service, de qualité et de proximité qu’en termes de prix, et à faire face au renouvellement des entreprises. Il est essentiel de ne pas perdre des commerces qui animent nos municipalités.
P : Les aides au fonctionnement restent une revendication clé. Quel impact aurait une application réelle de 20 % ?
R : Cela aurait un effet d’entraînement très important. Atteindre ce pourcentage attirerait de nouveaux investissements, faciliterait l’arrivée d’entreprises, améliorerait les salaires et les conditions de travail et, à partir de là, aiderait à résoudre d’autres problèmes comme le logement ou la rétention des talents.
Jusqu’à présent, l’application du 1 % a été pratiquement imperceptible. C’est pourquoi nous réclamons d’avancer vers ce maximum autorisé par la Commission Européenne, même si cela doit se faire de manière progressive. Le moment est maintenant et il existe un consensus entre les acteurs sociaux et économiques sur son importance.
P : Quel potentiel ont les entreprises turolenses pour croître à l’étranger ?
R : Le potentiel est très élevé. Le marché local est limité et l’internationalisation est une voie claire de croissance et de diversification. Depuis la Chambre, nous organisons des missions commerciales, des foires, des actions de prospection et des formations spécifiques.
“Le commerce de proximité doit rivaliser en service, qualité et proximité.”
De plus, nous travaillons en réseau avec d’autres Chambres. Un exemple est la convention avec la Chambre de Tarragona pour faciliter l’accès au marché africain. Des secteurs comme l’agroalimentaire se distinguent particulièrement, mais l’internationalisation est une opportunité pour tous types d’entreprises.
P : La digitalisation est l’un des grands défis du commerce de proximité. À quel stade se trouve-t-elle ?
R : La plupart des commerces sont déjà conscients de l’importance d’être présents dans l’environnement numérique, bien que le degré de maturité soit inégal. Depuis la Chambre, nous offrons un accompagnement personnalisé et une formation continue pour les aider à choisir les outils appropriés. Nous encourageons également le travail en groupe et l’adhésion à des associations professionnelles, car faire face à ces changements de manière individuelle est beaucoup plus difficile.
P : Vous assumez la Secrétaire Générale en tant que femme jeune et mère récente. Comment vivez-vous cette étape ?
R : Je vis cela avec une totale naturalité. Le leadership ne devrait pas dépendre ni du genre, ni de l’âge, ni de la phase de vie. Pour ma part, cela n’a pas été un frein. Je pense qu’il est important de mettre en avant davantage de femmes dans des postes de responsabilité et de parier sur des équipes diversifiées. La pluralité, tant générationnelle que de profils, enrichit tout projet et aide à prendre de meilleures décisions.










