À ce stade, le Vive Latino n’a plus besoin de se présenter à Saragosse. Cela fait cinq ans que la version espagnole de ce festival mexicain emblématique s’est implantée aux côtés de l’Ebre, et ce qui pouvait alors sembler être un pari risqué est désormais devenu l’un des grands rendez-vous musicaux de la ville.
Les 4 et 5 septembre, l’Espace Expo rassemblera de nouveau musique espagnole et latino-américaine lors de deux journées qui commenceront aux alentours de cinq heures de l’après-midi et se prolongeront jusqu’à environ trois heures du matin. On y trouvera de grands noms, des artistes au sommet de leur carrière, des groupes qui font partie de la mémoire musicale de plusieurs générations, ainsi que des propositions moins connues qui constituent justement l’un des attraits d’un festival de cette nature.
Cependant, le Vive Latino 2026 permet aussi quelque chose de plus simple : arriver avec une liste de concerts incontournables et finir par découvrir un groupe qui ne faisait pas partie des plans.
Cinq ans de traversée de l’Atlantique
L’essence du Vive Latino espagnol reste la même que celle qui a justifié son arrivée à Saragosse : connecter les scènes musicales d’Espagne et d’Amérique latine. L’organisation parle d’un « cartel inversé », une adaptation de la philosophie du festival original, où de grands artistes espagnols partagent la vedette avec des musiciens et des groupes venus de l’autre côté de l’Atlantique.
Cette formule s’illustre en consultant le programme de cette année. Le vendredi, on pourra apprécier Amaia, Julieta Venegas, Loquillo, Rigoberta Bandini, Rawayana, M-Clan, Pignoise, El Kuelgue, Ed Maverick, Plastilina Mosh, Niña Polaca ou La Chiva Gantiva, entre autres. Le samedi, ce sera au tour de Guitarricadelafuente, La M.O.D.A., Siloé, Ojete Calor, Biznaga, La Plazuela, División Minúscula, Esteman et Daniela Spalla, Sonido Gallo Negro ou Buenavista All Stars.
Il n’y a pas de genre dominant unique. Pop, rock, indie, cumbia, sons tropicaux, musique électronique et musiques traditionnelles cohabitent durant ces deux journées. Il n’y a pas non plus une unique génération : des artistes ayant des décennies de carrière se produisent aux côtés de noms qui ont principalement construit leur public ces dernières années.
Julieta Venegas, Loquillo et un répertoire de chansons connues
Parmi les grandes attractions du vendredi, Julieta Venegas se distingue en tant qu’artiste illustrant particulièrement bien la connexion culturelle sur laquelle repose le festival. La mexicaine entretient depuis des décennies une relation étroite avec le public espagnol, et des chansons telles que Me voy, Limón y sal, Andar conmigo ou Eres para mí font désormais partie d’un répertoire reconnaissable des deux côtés de l’Atlantique.
Sa performance interviendra en début de journée, qui se remplira au fil des heures jusqu’à rassembler, en soirée, certains des plus grands noms du programme.
Un de ces noms sera Loquillo. Plus de quatre décennies de carrière garantissent un concert où l’on entendra des morceaux devenus des classiques du rock espagnol. Sa prestation est programmée entre 22h15 et 23h35, après M-Clan, occupant ainsi l’un des créneaux les plus clairement rock du vendredi.
Entre les deux, le registre changera complètement. Amaia se produira pendant une heure à partir de 20h05, tandis que Rigoberta Bandini apparaîtra plus tard, près de minuit. La clôture des grandes têtes d’affiche de la journée sera assurée par Rawayana, un groupe vénézuélien qui a su transformer sa fusion de reggae, funk, pop et rythmes caribéens en une proposition d’envergure internationale.
Le vendredi résume ainsi bien l’esprit du Vive Latino : en quelques heures, il sera possible de passer de Julieta Venegas à Pignoise, d’Amaia à M-Clan, de Loquillo à Rigoberta Bandini, et de terminer la soirée avec Rawayana.
Un samedi à découvrir
Le deuxième jour offre un parcours différent. Guitarricadelafuente investira l’un des grands espaces de l’après-midi, tandis que Siloé, La M.O.D.A., Ojete Calor, Biznaga et La Plazuela représentent différentes facettes de la scène musicale espagnole actuelle.
De plus, le samedi représente une occasion particulièrement intéressante de jeter un œil sur l’Amérique latine. Buenavista All Stars réveille la tradition musicale cubaine ; Sonido Gallo Negro propose depuis le Mexique une approche autour de la cumbia psychédélique instrumentale, tandis que Esteman et Daniela Spalla illustrent une autre facette de la pop latino-américaine contemporaine. À eux s’ajoute División Minúscula, un des noms aux longues années d’expérience dans le rock alternatif mexicain.
Il est justement important de ne pas réduire le festival à ses têtes d’affiche. Une partie de l’expérience du Vive Latino consiste à se diriger vers la scène où se produit un artiste peu connu, à rester quelques minutes et à modifier sur le pouce l’itinéraire prévu.
Aragon monte aussi sur scène
La connexion entre les deux rives de l’Atlantique ne diminue pas la présence locale. Le programme réserve de la place pour des artistes liés à Aragon, ce qui a été maintenu au cours des différentes éditions du festival.
En 2026, on pourra retrouver Modelo, un groupe zaragozain évoluant dans le pop électronique ; Begut, qui viendra avec son premier album ; El Verbo Odiado, originaire de Huesca, et Volador, qui a recommencé une nouvelle étape après plusieurs années d’absence.
Leur présence est significative pour plus que compléter le programme. Partager le festival avec des artistes internationaux offre une vitrine et un public à des projets nés ici, tout en empêchant que le Vive Latino ne soit simplement un festival importé utilisant Saragosse comme décor.
Après cinq éditions, la relation fonctionne dans les deux sens : l’Amérique latine arrive à Saragosse, mais Saragosse et l’Aragon trouvent également une fenêtre au sein du festival.
Trois scènes et un problème inévitable : choisir
Les concerts se dérouleront sur trois scènes, ce qui signifie qu’il ne sera pas possible de tout voir. Le festival impose une certaine organisation, notamment durant les heures centrales de chaque journée, quand les principaux noms commencent à se chevaucher.
Le vendredi, par exemple, il faudra décider comment combiner Amaia avec El Kuelgue ou choisir quoi faire lorsque différentes performances se chevauchent partiellement. Le samedi, il se passera quelque chose de similaire avec Guitarricadelafuente, Ojete Calor, Siloé et le reste de la programmation.
Le conseil pratique est simple : sélectionner quatre ou cinq performances incontournables chaque jour et laisser le reste de l’horaire ouvert. Tenter de traverser en permanence le site pour écouter quelques minutes de chaque concert peut finir par transformer deux jours de musique en une course d’une scène à l’autre.
Les portes ouvriront les deux jours à 16h45, les premiers concerts commenceront aux alentours de 17h00 et la musique continuera jusqu’à environ trois heures du matin.
Du taco au ternasco
Le Vive Latino souhaite également se différencier des autres festivals en proposant une










