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26 mayo 2024

Les chercheurs de l’IIS Aragón font partie de l’équipe qui vient de découvrir une nouvelle thérapie contre l’un des cancers de la thyroïde les plus agressifs.

Les travaux identifient un agent thérapeutique qui élimine sélectivement les cellules du cancer anaplasique de la thyroïde, l’un des cancers les plus agressifs et les plus dévastateurs pour lequel il existe actuellement peu d’options thérapeutiques efficaces.

Rebeca Sanz, chercheuse à l’IIS Aragón, est responsable de la bioinformatique du consortium et son rôle a été déterminant dans l’identification du mécanisme par lequel la nouvelle thérapie fonctionne dans les carcinomes anaplasiques agressifs.

La bioinformatique, domaine dans lequel l’IIS Aragón est très actif, est cruciale pour l’analyse et l’interprétation des données de séquençage. Les profils de ces caractéristiques sont de plus en plus nécessaires dans les études sur le cancer.

Les résultats de la recherche sont convaincants sur le plan préclinique et démontrent que cette thérapie est également efficace dans d’autres cancers anaplasiques du pancréas, du poumon ou de l’estomac ; ils ont été publiés dans la prestigieuse revue Nature Communications.

Le cancer anaplasique de la thyroïde, l’un des cancers les plus agressifs et les plus dévastateurs, offre actuellement peu d’options thérapeutiques efficaces, avec un taux de survie à cinq ans d’à peine 5 %. Cependant, une nouvelle étude menée par des chercheurs du Centre de recherche en médecine moléculaire (CIMUS) et du Complexe hospitalier universitaire de Santiago (CHUS), tous deux appartenant à l’Université de Saint-Jacques-de-Compostelle et à l’Institut de recherche en santé de Galice (IDIS), dirigée par Clara Álvarez et José Manuel Cameselle du groupe Néoplasie et différenciation endocrinienne et pathologie du CHUS, avec la participation de chercheurs de l’IIS Aragón, ouvre la voie à une thérapie innovante.

Le rôle de Rebeca Sanz, chercheuse à l’IIS Aragon, en tant que bioinformaticienne du consortium, a permis à l’analyse des données publiques internationales de renforcer les conclusions de ce travail, permettant ainsi sa publication dans cette revue à fort impact. “Notre analyse des données omiques massives sur les cellules humaines nous a permis d’exclure l’aneuploïdie (altération du nombre de chromosomes dans les cellules tumorales) comme facteur clé de la réponse au traitement et de nous concentrer sur d’autres aspects comme déterminants de la réponse à PIAS2b-dsRNAi”, explique Rebeca. Précisément, la bioinformatique, un domaine sur lequel l’IIS Aragón travaille activement, est cruciale pour l’analyse et l’interprétation des données de séquençage, car de plus en plus de profils de ces caractéristiques sont nécessaires dans les études sur le cancer. En outre, le grand expert en protéomique, Román González -Prieto de CABIMER- de l’université de Séville, a apporté son expertise pour comprendre le mécanisme par lequel la thérapie agit sur ce cancer agressif.

L’étude, publiée dans la prestigieuse revue Nature Communications, identifie un agent thérapeutique, PIAS2b-dsRNAi, qui élimine sélectivement les cellules cancéreuses anaplasiques de la thyroïde sans affecter les cellules saines ou d’autres types de cancer bénin de la thyroïde. “Cette découverte représente une avancée significative dans la lutte contre cette maladie difficile”, déclare Clara Álvarez.

S’attaquer à la racine du problème avec une thérapie précise

Les chercheurs ont découvert qu’une enzyme appelée PIAS2b joue un rôle crucial dans la survie des cellules thyroïdiennes anaplasiques. Contrairement aux cellules normales ou à d’autres types de cancer, ces cellules dépendent de PIAS2b pour se diviser. Cette découverte a donné l’occasion de concevoir une thérapie ciblée qui s’attaque spécifiquement à cette enzyme clé.

L’équipe a conçu un agent thérapeutique basé sur un ARN double brin transcrit in vitro (dsRNAi), appelé PIAS2b-dsRNAi. Cet ARNdb agit comme une molécule de messager inverse, réduisant au silence l’expression de l’enzyme PIAS2b à l’intérieur des cellules anaplasiques. En conséquence, ces cellules perdent leur capacité à se diviser et meurent dans un processus connu sous le nom de catastrophe mitotique.

Validation rigoureuse et preuves précliniques

L’efficacité du PIAS2b-dsRNAi a été rigoureusement évaluée en laboratoire à l’aide de cultures cellulaires de patients atteints de cancer anaplasique de la thyroïde par rapport à des cellules normales, bénignes ou à d’autres types de cancer de bon pronostic. “Les résultats ont montré que l’agent thérapeutique était hautement sélectif, éliminant exclusivement les cellules anaplasiques sans affecter les cellules saines”, explique le chercheur de l’USC CiMUS.

Pour faire progresser l’évaluation de PIAS2b-dsRNAi, les chercheurs ont conçu des essais précliniques in vivo. Des tumeurs de patients atteints de cancer anaplasique de la thyroïde ont été implantées dans des souris et les résultats des animaux traités avec la thérapie ont été comparés à ceux d’un groupe témoin. Les tumeurs traitées par PIAS2b-dsRNAi ont cessé de croître, ce qui constitue une preuve préclinique solide du potentiel thérapeutique de cet agent.

Efficace également dans le traitement d’autres cancers

La recherche ne s’est pas limitée au cancer anaplasique de la thyroïde. Les études ont montré que le PIAS2b-dsRNAi était également efficace pour éliminer les cellules cancéreuses anaplasiques d’autres sites, tels que le pancréas, le poumon et l’estomac. Cette polyvalence ouvre la voie à des applications plus larges dans le traitement de divers types de cancer anaplasique.

Ces résultats représentent une avancée significative dans la lutte contre le cancer anaplasique de la thyroïde et d’autres cancers anaplasiques. La thérapie PIAS2b-dsRNAi offre une alternative prometteuse aux options thérapeutiques limitées actuellement disponibles. Les chercheurs espèrent que cette étude encouragera les entreprises pharmaceutiques à investir dans le développement clinique de cet agent thérapeutique, dans le but de le mettre à la disposition des patients le plus rapidement possible.

Lien vers l’article : https://www.nature.com/articles/s41467-024-47751-1

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