Aragon continue de relever les défis mondiaux et enregistre les chiffres de ventes de logements les plus élevés en près de deux décennies. Malgré l’augmentation des prix immobiliers et l’incertitude générale dans l’économie européenne, 4658 achats de logements ont été enregistrés au cours du deuxième trimestre de 2025. Cela représente une solide augmentation de 20,6 % par rapport à la même période en 2024, le chiffre trimestriel le plus élevé depuis le troisième trimestre de 2007, juste avant que la crise financière mondiale ne transforme les marchés à travers le monde.
Pour les lecteurs internationaux qui ne sont pas familiers avec l’Aragon, cette communauté autonome de plus de 1,3 million d’habitants s’étend des Pyrénées jusqu’aux fertiles vallées fluviales, alliant agriculture, industrie manufacturière et secteurs technologiques émergents. Son marché immobilier, souvent éclipsé par des points chauds comme Madrid ou Barcelone, attire désormais l’attention comme indicateur de la reprise post-pandémique de l’Espagne. Alors que les tendances immobilières mondiales montrent un refroidissement dans des endroits comme les États-Unis et certaines parties de l’Asie en raison des taux d’intérêt élevés, l’essor de l’Aragon met en lumière des facteurs locaux uniques : la croissance démographique, la création d’emplois et des conditions de financement favorables.
Un trimestre de croissance, mais avec des nuances saisonnières
Les dernières données, compilées à partir des registres de propriété et analysées par des experts de la Chaire du Marché Immobilier de l’Université de Saragosse, révèlent un panorama dynamique mais nuancé. En termes inter-trimestriels, les ventes ont légèrement diminué, de 3,8 % par rapport aux trois premiers mois de 2025, un ajustement saisonnier habituel, car les acheteurs ont tendance à anticiper leurs achats en début d’année. Cependant, l’augmentation d’une année sur l’autre met en évidence un élan soutenu.
«La demande reste exceptionnellement active, même avec l’augmentation des prix,» souligne Luis Fabra, directeur de la Chaire du Marché Immobilier de l’Université de Saragosse. Il attribue cela à la crainte des acheteurs face à de nouvelles hausses de prix, ce qui les pousse à prendre des décisions plus rapides dans un marché où l’offre est inférieure à la demande.
En effet, le prix moyen du logement a atteint 1636 euros par mètre carré au deuxième trimestre de 2025, le plus élevé depuis début 2012, représentant une augmentation de 1,8 % par rapport au trimestre précédent et de 7,2 % en termes annuels. Cette escalade est alimentée par le faible niveau des stocks, en particulier dans les nouvelles constructions, où «la commercialisation se fait à un rythme vertigineux,» selon Fernando Montón, directeur général de Plaza 14, une entreprise clé dans le développement régional. Les ventes sur plan et les opérations préconstruits s’accélèrent, et les acheteurs se dépêchent d’acquérir des biens pour ne pas manquer l’opportunité ou faire face à des coûts encore plus élevés.
Logements neufs contre logements anciens : tendances divergentes
En décomposant les chiffres, les logements anciens ont dominé avec 3793 transactions, une augmentation trimestrielle de 1,6 % et le meilleur résultat depuis le troisième trimestre de 2005. Les nouvelles constructions, quant à elles, ont enregistré 865 ventes, ce qui représente une baisse trimestrielle de 21,9 %, mais une augmentation annuelle saine de 27,8 %. L’augmentation des prix a été plus prononcée pour les logements neufs (2,9 % trimestriel, 7,2 % annuel) par rapport aux logements anciens (1,6 % trimestriel, mais une augmentation annuelle plus marquée de 7,6 %).
Les marchés de la location ressentent également la pression, avec des tarifs en juin 2025 atteignant un record de 10 euros par mètre carré par mois, ce qui représente une augmentation de 1,5 % trimestrielle et de 8,8 % annuelle. Cette pression pousse des solutions de logement innovantes, telles que des espaces de cohabitation et des résidences partagées, comme le souligne l’architecte Fernando Used, d’Ingennus. «Nous voyons naître de nouvelles formes de cohabitation pour aborder la question de l’accessibilité,» affirme-t-il, citant des projets qui s’adaptent à la croissance démographique urbaine de l’Aragon.
Le financement attise le feu
Quel est un facteur clé ? Un accès facilité aux hypothèques dans un contexte de baisse des taux d’intérêt. Au deuxième trimestre de 2025, 60,7 % des achats de logements ont été réalisés avec des prêts, contre 59,59 % au premier trimestre et une impressionnante augmentation de 21,3 % par rapport à l’année précédente. Cela a entraîné l’octroi de 10 999 hypothèques au cours des 12 derniers mois, jusqu’en juin 2025. Jorge Aguerri, directeur du Développement Commercial pour Promoteurs d’Ibercaja, une banque régionale importante, attribue cette hausse à «l’évolution favorable du crédit» et à des offres compétitives.
Des taux plus bas, influencés par les politiques de la Banque Centrale Européenne, rendent les prêts plus attractifs, surtout parce que l’économie de l’Aragon profite d’une augmentation de l’emploi, de la croissance des salaires et de l’afflux de population. On prévoit que le PIB de la région, soutenu par des secteurs comme l’automobile et la logistique, dépassera la moyenne nationale, ce qui renforcera encore la confiance dans le secteur immobilier.
Au-delà des logements : prospérité des propriétés commerciales et auxiliaires
L’essor s’étend aux segments non résidentiels. Les entrepôts industriels ont enregistré 210 ventes, se rapprochant des sommets de 2009, avec une augmentation trimestrielle de 1,9 % et une croissance annuelle de 24 % (774 opérations en 12 mois). Les locaux commerciaux ont enregistré 417 opérations, ce qui signifie une diminution de 12,2 % trimestrielle, mais une augmentation de 17,8 % annuelle, atteignant 1737, le chiffre le plus élevé depuis début 2008.
Les celliers et garages montrent des résultats disparates : 570 ventes de celliers (une baisse de 11,8 % par rapport au trimestre, mais une augmentation de 32,8 % par rapport à l’année, atteignant 2289) et 1789 transactions de garages (une baisse de 8,4 % par rapport au trimestre, mais une augmentation de 17,6 % par rapport à l’année, atteignant 6710). Ces tendances reflètent une activité économique plus large, avec l’expansion des entreprises grâce à la position stratégique de l’Aragon comme porte d’entrée entre Madrid et Barcelone.
Contexte mondial et perspectives d’avenir
L’essor immobilier de l’Aragon contraste avec la lente reprise d’autres régions d’Europe, où l’inflation et les tensions géopolitiques ont modéré l’enthousiasme. Dans l’ensemble de l’Espagne, une augmentation des ventes nationales a été observée, mais la croissance de 20,6 % en Aragon surpasse la moyenne nationale, illustrant la force de la région.
Cependant, des défis se profilent : les hausses persistantes de prix pourraient exclure les primo-accédants, et la pénurie d’offre doit être abordée par l’accélération de la construction. Comme le prévient Montón, «la demande dépasse largement l’offre», il appelle donc les décideurs à accélérer les permis et à inciter à la promotion immobilière.
En résumé, le marché immobilier de l’Aragon est un point brillant dans l’économie espagnole, combinant la résilience locale avec les tendances mondiales. Pour les observateurs internationaux, il offre des leçons sur la façon de










