CITA dévoile les résultats du projet CoCo sur l’élevage en Europe

CITA présente les résultats du projet CoCo sur l’élevage et les grands carnivores

Le Centre de Recherche et de Technologie Agroalimentaire d’Aragon (CITA) a présenté les premiers résultats du projet européen Co-Creating Coexistence (CoCo) lors du 76ème Congrès Annuel de la Fédération Européenne de Science Animale (EAAP) à Innsbruck, en Autriche. L’étude analyse la vulnérabilité des systèmes d’élevage extensif face aux grands prédateurs en Europe à travers des enquêtes réalisées auprès d’éleveurs de différents territoires.

La recherche repose sur une enquête destinée à 1.000 éleveurs à travers l’Europe, présentée devant plus de 1.400 experts internationaux lors du congrès qui s’est tenu en août dans la capitale tyrolienne. En Espagne, le coordinateur du projet Daniel Martín Collado a exposé les résultats de 89 enquêtes menées auprès d’éleveurs de la Sierra de Gredos, le versant nord de la Sierra de Guadarrama, la Montagne Palentina et les Picos de Europa.

Le travail a été présenté lors de la session thématique «Interactions entre la faune sauvage et l’élevage : risques et opportunités», où la vulnérabilité des systèmes d’élevage extensif face aux grands prédateurs et les clés de leur adaptation ont été analysées.

Les résultats montrent que le conflit entre l’élevage et la faune sauvage transcende les aspects écologiques, techniques ou économiques, constituant une question profondément sociale et politique qui confronte différents groupes d’intérêt sur la gestion de la présence simultanée d’animaux domestiques et sauvages.

Parmi les principales conclusions, il ressort que de nombreux éleveurs estiment que leurs besoins ne reçoivent pas la priorité méritée par rapport à d’autres acteurs sociaux et agents ruraux, y compris des intérêts comme le tourisme rural, générant de fortes tensions. Les systèmes extensifs en Espagne sont particulièrement vulnérables en raison de l’évolution des systèmes pastoraux traditionnels vers des modèles extensifs modernes, développés dans des paysages où les prédateurs avaient disparu. Leur retour implique d’importants réajustements dans la gestion des exploitations qui, bien que réalisables et efficaces, entraînent une augmentation de la charge de travail que de nombreux éleveurs ne sont pas prêts à accepter.

Besoin de solutions adaptées au contexte local

Les résultats révèlent des différences dans les stratégies adoptées, leur acceptation et leur efficacité dans les différents territoires étudiés, illustrant la nécessité d’adapter la gestion au contexte local en octroyant un rôle central aux éleveurs.

Daniel Martín Collado a souligné que «la société demande beaucoup aux éleveurs et n’est pas totalement consciente que la coexistence entre grands carnivores et élevage extensif est infiniment plus complexe que de payer pour les animaux prédatés».

Perspectives futures

L’étude conclut que l’avenir de l’élevage extensif passera par le partage de l’espace avec les grands carnivores, étant tout aussi important de résoudre les tensions sociales et politiques que d’implémenter des solutions techniques et économiques. La coexistence exige que les politiques agro-environnementales reconnaissent et rémunèrent les biens publics générés par l’élevage extensif, y compris son rôle fondamental dans la conservation des grands carnivores.

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