Le secteur extérieur de l’Aragon a consolidé au cours des premiers mois de 2026 la tendance de croissance entamée à la fin de l’exercice précédent, soutenu par le dynamisme de ses principaux secteurs exportateurs et par une évolution plus favorable que la moyenne nationale. C’est ce que la Commission Internationale de CEOE Aragon a mis en évidence après avoir analysé les dernières données du commerce extérieur correspondant au mois de février.
Les exportations aragonaises ont enregistré en février une augmentation annuelle de 5,7%, ce qui porte le cumul de janvier et février à près de 2.500 millions d’euros, avec une croissance de 3,47% par rapport à la même période de 2025. Cet avancement repose principalement sur le poids des secteurs de l’automobile et de l’alimentation, qui concentrent 45,7% du total exporté.
Parallèlement, les importations ont connu une baisse de 13,16% en ce début d’année, atteignant 2.236 millions d’euros. Ce comportement a contribué à faire grimper le taux de couverture à 110,85%, significativement au-dessus de la moyenne nationale, qui se situe à 89,25%. Ce différentiel reflète la force relative du tissu exportateur aragonais et sa spécialisation industrielle, notamment dans les biens d’équipement.
Cependant, la Commission avertit que ces données n’intègrent pas encore pleinement l’impact du conflit en Iran, qui a débuté fin février. Comme l’a expliqué le président de la Commission Internationale, Daniel Álvarez, les conséquences commencent déjà à se faire sentir par l’augmentation des coûts logistiques, énergétiques et des matières premières, même si cela ne se reflète pas encore dans les indicateurs macroéconomiques.
Dans ce contexte, les entreprises subissent une pression croissante sur leurs marges, en assumant une partie de l’augmentation des coûts pour maintenir leur compétitivité sur les marchés internationaux. L’évolution du conflit et, en particulier, la situation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz introduisent un facteur d’incertitude supplémentaire pour les mois à venir.
D’Aragon Extérieur, il est souligné que l’impact direct sur l’Aragon est limité, étant donné que les exportations vers les pays environnants d’Ormuz s’élèvent à 268 millions d’euros. Cependant, le principal risque réside dans l’effet indirect sur les économies européennes, principaux destinations des exportations aragonaises, qui maintiennent un volume d’échanges commerciaux élevé avec cette région.
Face à cet avenir incertain, la diversification des marchés reste une priorité stratégique. En ce sens, la Commission a analysé les opportunités en Afrique subsaharienne, un marché où les entreprises aragonaises sont peu présentes mais avec un potentiel dans des secteurs tels que l’infrastructure, l’énergie ou les équipements sanitaires. Le développement de ces marchés nécessitera toutefois une approche progressive et une gestion adéquate des risques, en collaboration avec des entités comme CESCE.
D’autre part, l’évolution du commerce avec les États-Unis présente un bilan positif. Les exportations aragonaises vers ce pays ont augmenté de 2,2% au cours des deux premiers mois de l’année, tandis que les importations ont diminué de 6,7%, dans un contexte marqué par l’incertitude en matière de politique commerciale et tarifaire.
Dans l’ensemble, les données indiquent une évolution favorable du secteur extérieur aragonais au début de 2026, bien que conditionnée par un environnement international complexe. La combinaison d’une croissance des exportations, d’une amélioration du solde commercial et d’une diversification progressive des marchés place l’Aragon dans une position de relative solidité, bien qu’il soit nécessaire de maintenir une stratégie prudente face aux risques géopolitiques et économiques globaux.










