Les ventes immobilières en Aragon atteignent des sommets malgré une hausse de 12,4% des prix

Le marché immobilier aragonais maintient un niveau d’activité élevé, mais dans un contexte de plus en plus marqué par la hausse des prix et les difficultés à accroître l’offre. Entre avril et juin, 4 683 transactions de logements ont été enregistrées en Aragon, soit à peine 1 % de moins que le trimestre précédent et 0,5 % de plus qu’il y a un an. Ce chiffre constitue le troisième meilleur résultat trimestriel depuis le troisième trimestre 2007 et confirme la résilience de la demande malgré le renchérissement du logement.

Les prix affichent une évolution bien plus soutenue que les transactions. Le prix moyen des logements a atteint 1 839 euros par mètre carré, son plus haut niveau depuis 2011, après une hausse de 2 % sur le trimestre et de 12,4 % sur un an. Les logements anciens sont en tête des hausses, avec une progression de 13,2 % en un an et un prix moyen de 1 743 euros par mètre carré, tandis que les logements neufs s’établissent à 2 243 euros, soit 8,4 % de plus qu’il y a douze mois.

Ces données sont issues du Rapport sur le marché immobilier d’Aragon pour le deuxième trimestre 2026, élaboré par la Chaire du marché immobilier de l’Université de Saragosse en collaboration avec le Colegio de Registradores de la Propiedad, Ibercaja, Grupo Plaza 14, le Colegio Oficial de Agentes de la Propiedad Inmobiliaria de Aragón et Ingennus. L’étude a été présentée à l’Espace Xplora d’Ibercaja par le directeur de la Chaire, Luis Fabra, aux côtés de représentants des entités participantes.

Une demande soutenue par la population, les ménages et l’emploi

La stabilité des transactions repose sur des indicateurs économiques et démographiques qui continuent de soutenir la demande. L’Aragon a atteint 1 385 220 habitants après avoir accueilli plus de 31 000 personnes en un an, une croissance principalement portée par la population étrangère. Dans le même temps, le nombre de ménages a progressé pour atteindre 576 345, tandis que le marché du travail reste bien orienté, avec 643 300 personnes en emploi, plus de 651 000 affiliés à la Sécurité sociale et un taux de chômage de 8,2 %.

Ce contexte permet d’expliquer le maintien des transactions à des niveaux proches de leurs records historiques malgré la hausse des prix. Au cours des douze derniers mois, 18 525 ventes de logements ont été recensées en Aragon, soit 2,2 % de plus que sur la période précédente et un niveau proche des sommets enregistrés depuis 2008. Le ratio atteint 13,37 transactions pour mille habitants.

La composition de ces ventes révèle toutefois des évolutions très différentes. Les logements anciens concentrent 3 841 transactions au cours du trimestre, soit 6,6 % de plus que lors des trois mois précédents et leur meilleur niveau depuis 2005. Les logements neufs évoluent à l’inverse, avec 842 ventes recensées, en baisse de 25,4 % sur le trimestre.

Pour Luis Fabra, directeur de la Chaire, la stabilité de l’activité ne doit pas masquer le risque associé au maintien de hausses de prix à deux chiffres. Le responsable du rapport prévient que cette évolution pourrait progressivement compliquer l’accès au logement et finir par peser sur la demande.

Cette tendance ne se limite d’ailleurs pas à l’Aragon. Les données publiées lundi par l’Indice des prix des logements de l’INE font état d’une hausse annuelle de 12,2 % pour l’ensemble de l’Espagne au deuxième trimestre 2026, un chiffre très proche des 12,4 % relevés dans le rapport aragonais. Les logements anciens tirent également la croissance nationale, avec une progression de 12,9 %.

L’offre de logements neufs, l’un des principaux problèmes

La relation entre l’offre et la demande apparaît comme l’un des principaux déterminants de l’évolution du marché dans les prochains mois. Au cours des douze derniers mois, 3 511 permis de construire pour des logements neufs ont été délivrés, contre 3 739 ventes de logements neufs, un écart qui suggère que l’offre future disponible ne progresse pas au même rythme que la demande.

Fernando Montón, directeur général de Grupo Plaza 14, estime que cette situation continuera d’exercer une pression sur les prix et les délais de commercialisation. Comme il l’a expliqué lors de la présentation du rapport, le volume actuel de permis ne permettra pas de maintenir, dans un avenir proche, des niveaux de ventes de logements neufs comparables à ceux observés aujourd’hui.

À la disponibilité des terrains et des logements s’ajoute le coût de leur construction. Les coûts de construction ont augmenté de 4,1 % au cours de la dernière année, avec un impact particulièrement marqué pour des matériaux tels que le verre plat, le béton et les dérivés du plâtre. Fernando Used, architecte associé d’Ingennus, a cité l’industrialisation, l’efficacité énergétique et l’optimisation des coûts parmi les outils nécessaires pour répondre aux enjeux d’un marché où les prix de vente et de construction restent élevés.

Le financement continue de soutenir une part importante de la demande, même si des signes de dégradation de l’accessibilité commencent également à apparaître. Au cours des douze derniers mois, 12 171 prêts hypothécaires sur des logements ont été conclus, soit l’équivalent de 65,7 % des transactions, pour un montant proche de 1 630 millions d’euros. Le taux moyen des nouveaux crédits hypothécaires s’établit à 3,08 % et la mensualité moyenne atteint 675 euros.

L’effort nécessaire pour rembourser un prêt hypothécaire représente désormais 29,7 % du coût salarial, selon les indicateurs repris dans le rapport. Le responsable du développement commercial de la promotion immobilière d’Ibercaja, Jorge Aguerri, a souligné que le financement hypothécaire restait dynamique malgré la hausse des coûts financiers, dans un contexte où l’Euribor a atteint 2,8 % à la fin du deuxième trimestre. La pression sur l’accès au logement s’étend également au marché locatif. En juin, le prix demandé a atteint 11,1 euros par mètre carré et par mois en Aragon, son niveau le plus élevé de la série historique. La hausse s’est établie à 3,3 % au deuxième trimestre et à 10,5 % par rapport à la même période de l’année précédente.

L’évolution des autres actifs immobiliers témoigne également d’une activité soutenue. Les locaux commerciaux ont enregistré 489 transactions au cours du trimestre et totalisent 1 895 opérations sur douze mois, un niveau inédit depuis la fin de 2007. Les bâtiments industriels ont représenté 145 transactions trimestrielles et 830 sur la dernière année, soit 7,2 % de plus, tandis que 521 celliers et 1 669 garages ont été vendus entre avril et juin.

Le deuxième trimestre laisse ainsi apparaître un marché immobilier aragonais dont le volume de transactions demeure proche de ses plus hauts historiques, alors que les facteurs susceptibles de freiner son évolution s’intensifient. La croissance de la population et du nombre de ménages, ainsi que la vigueur de l’emploi, continuent d’alimenter la demande, mais la hausse des prix, l’arrivée limitée de logements neufs sur le marché et l’effort financier accru nécessaire pour acheter ou louer rendent le maintien de cet équilibre de plus en plus difficile.

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