Daniel Martín Collado, chercheur au département des Sciences animales du Centre de Recherche et de Technologie Agroalimentaire d’Aragon (CITA), a participé en tant qu’auteur à la guide finale sur l’évaluation des services écosystémiques dans les agroécosystèmes d’élevage élaborée par le consortium FAO LEAP Partnership de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture. Martín Collado est le seul représentant espagnol dans ce document présenté le 29 septembre à Rome.
Le rapport, intitulé Évaluation des services écosystémiques dans les agroécosystèmes d’élevage, met en avant le rôle crucial des agroécosystèmes d’élevage dans le développement rural, la gestion des paysages et la sécurité alimentaire. Le document souligne que le débat public tend à se concentrer sur des aspects négatifs tels que les impacts environnementaux, la santé humaine et le bien-être animal, éclipsant les multiples bénéfices que les systèmes d’élevage apportent à la société.
Le guide présente quatre catégories de bénéfices que les agroécosystèmes d’élevage fournissent au bien-être humain : services de provision (production de nourriture et de fibres) ; services de régulation (contrôle du climat et de la qualité de l’air, gestion de l’eau, régulation des maladies, pollinisation et atténuation des risques naturels) ; services culturels (valeurs récréatives, esthétiques, éducatives, sociales et spirituelles) ; et services de soutien (formation du sol, photosynthèse et cycle de l’eau et des nutriments).
Les auteurs soulignent qu’atteindre une production d’élevage véritablement durable exige de reconnaître et d’évaluer systématiquement ces services. Pour ce faire, le guide appelle à une approche internationale harmonisée et recommande la Classification Internationale Commune des Services des Écosystèmes (CICES) comme cadre standardisé pour identifier et catégoriser les services écosystémiques. De plus, il propose une feuille de route en cinq étapes pour garantir des processus d’évaluation solides et transparents qui fournissent des preuves fiables pour la politique et la gestion.
Le document intègre des méthodes d’évaluation bio-physiques, socioculturelles, économiques et de modélisation, constituant un premier pas vers une orientation internationale cohérente. Il offre à la fois des fondements conceptuels et des approches pratiques pour mieux évaluer, promouvoir et maintenir les contributions des agroécosystèmes d’élevage à la durabilité globale.
Processus d’élaboration et portée
Cette publication représente un accomplissement important pour l’Alliance LEAP (Livestock Environmental Assessment and Performance) de la FAO, une initiative multipartite qui a évolué au cours de plus d’une décennie. Les lignes directrices reposent sur des preuves scientifiques et ont été élaborées par un processus multipartite qui favorise un dialogue inclusif et des résultats équilibrés, avec des contributions d’experts académiques de renommée internationale, d’acteurs du secteur public et privé, ainsi que d’organisations de la société civile de 20 pays.
Les auteurs expliquent qu’à ce jour, il n’existait pas de cadre intégral et fondé sur la science pour évaluer les impacts environnementaux de l’élevage, tenant compte des dimensions positives et négatives. En particulier, les services écosystémiques fournis par les activités liées à l’élevage ont été sous-représentés dans ces évaluations. Le document est en accès libre et peut être téléchargé sur le site de la FAO à l’adresse https://openknowledge.fao.org/items/614f6c45-20a5-461e-a0eb-e1da16ca08d9.










