Le ministère de la Défense a actualisé les spécialités complémentaires du Corps militaire de santé en y intégrant la médecine d’urgence et des catastrophes ainsi que le laboratoire clinique. Cette réforme adapte la formation et la spécialisation des professionnels de santé des forces armées aux évolutions intervenues ces dernières années dans le système national de santé.
La modification figure dans l’arrêté DEF/993/2026, publié le 24 septembre au Bulletin officiel de l’État et entré en vigueur le lendemain. Le texte modifie le répertoire établi en 2015 pour les six spécialités fondamentales composant le Corps militaire de santé : médecine, pharmacie, médecine vétérinaire, odontologie, psychologie et soins infirmiers.
L’une des principales nouveautés concerne les médecins militaires. Le ministère de la Défense intègre la médecine d’urgence et des catastrophes (MUE) comme spécialité complémentaire, après que cette discipline a été reconnue comme spécialité médicale dans le système de santé espagnol en 2024.
Elle aura pour mission de former des professionnels capables de prendre immédiatement en charge des personnes malades ou blessées, quel que soit leur âge, d’établir un diagnostic différentiel et d’initier ou de planifier le traitement jusqu’à ce que le patient puisse être transféré vers le spécialiste ou le niveau de soins approprié.
Deux spécialités distinctes pour les urgences
L’intégration de la médecine d’urgence et des catastrophes ne signifie pas la disparition de la médecine d’urgence et des catastrophes en opérations (MUEO), déjà présente au sein du service de santé militaire. Les deux spécialités coexisteront dans le répertoire, même si le ministère de la Défense a modifié leur codification afin de les distinguer clairement.
Cette distinction revêt une importance particulière au regard des spécificités de la prise en charge sanitaire militaire. La nouvelle MUE transpose au Corps militaire de santé la spécialisation reconnue dans le système de santé général, tandis que la MUEO conserve son orientation spécifique vers les besoins sanitaires découlant des opérations militaires.
Cette actualisation vise également à rapprocher la formation des médecins militaires de l’évolution de la formation sanitaire spécialisée en Espagne. L’arrêté souligne lui-même l’importance des programmes de résidence pour harmoniser la préparation des professionnels et améliorer la qualité des soins ainsi que la sécurité des procédures mises en œuvre dans les services d’urgences hospitalières et les services de secours.
Le laboratoire clinique remplace les analyses cliniques
Le deuxième changement majeur concerne la pharmacie. Le Corps militaire de santé intègre le laboratoire clinique comme spécialité complémentaire et supprime l’ancienne spécialité d’analyses cliniques.
Cette modification découle de la réforme approuvée en 2025 pour l’ensemble du système de santé espagnol, qui a créé la spécialité de laboratoire clinique à partir de l’intégration des analyses cliniques et de la biochimie clinique. Le ministère de la Défense transpose désormais cette nouvelle structure au domaine militaire.
La nouvelle spécialité conserve les compétences et fonctions que les forces armées associaient auparavant aux analyses cliniques. Selon l’arrêté, elle permettra en outre un suivi plus précis de l’efficacité des traitements pharmacologiques et d’autres procédures médicales.
Cette réorganisation n’implique donc pas la disparition des capacités d’analyse et de diagnostic en laboratoire au sein des forces armées, mais leur adaptation au nouveau modèle de spécialisation sanitaire en vigueur en Espagne.
L’immunologie et la radiophysique hospitalière retirées du répertoire
La réforme réduit également le répertoire dans d’autres domaines. Le ministère de la Défense retire l’immunologie des spécialités complémentaires relevant de la médecine, ainsi que la radiophysique hospitalière de celles liées à la pharmacie.
L’arrêté justifie ces deux suppressions par le fait que ces spécialités ne sont plus considérées comme présentant un intérêt pour le Corps militaire de santé. La décision concerne exclusivement leur reconnaissance en tant que spécialités complémentaires militaires et non l’existence de ces disciplines au sein du système de santé espagnol.
Par cette actualisation, le ministère de la Défense adapte une réglementation restée en vigueur depuis 2015 aux transformations de la formation sanitaire spécialisée. La réglementation militaire prévoit précisément que la formation de perfectionnement doit permettre aux professionnels d’acquérir de nouvelles spécialités, d’actualiser leurs connaissances et d’adapter progressivement leur préparation aux besoins des forces armées.
Ce changement revêt une importance particulière dans un domaine où la prise en charge sanitaire doit répondre à la fois à des besoins comparables à ceux de tout système de santé et à des situations spécifiques liées aux déploiements, exercices et opérations militaires. La coexistence entre la médecine d’urgence et des catastrophes et sa spécialité spécifiquement orientée vers les opérations reflète cette double dimension du service de santé militaire.










